Zuriaake 葬尸湖 - Deliverance - Uluun - Olympic Café - Paris - 03/06/17 - Compte-rendu de concert - Concert review


CELESTE
Zuriaake, groupe chinois de Black Metal, joue en Europe pour la première fois. Une noirceur sublime.

Avalanche Soundprod nous a concocté une soirée Black Metal à l'Olympic Café. Avec la présence du groupe chinois Zuriaake et de trois formations françaises. A l'entrée de la salle, nous nous acquittons du PAF. Sept euros. Raisonnable. Avalanche Soundprod a organisé un jeu de ticket à gratter. Des CDs sont à gagner. Nous tentons notre chance. Raté, nous obtenons un simple lien vers le bandcamp de "Keep On Living", groupe qui ouvrait la soirée. Nous arrivons après leur prestation. Nous passons au stand de merch pour acheter l'album "Afterimage of Autumn", premier album de Zuriaake datant de 2007, que Pest Productions a eu l'excellente idée de republier avec la traduction des paroles chinoises en anglais. Votre serviteur possède dorénavant les deux albums de Zuriaake (le deuxième album, "Gu Yan", est sorti en fin 2015).


Le groupe Uluun démarre son court set par "Chère Illusion", extrait de leur premier album "Danke Dreiser" sorti en fin 2014. Le début de la prestation souffre d'un équilibre sonore précaire. Heureusement le son s'améliore nettement dès le deuxième morceau, "Désillusion". Le chant hurlé, en français s'il vous plaît, s'avère fort agréable. Nous sommes frappés par l'esthétique vestimentaire des musiciens. Seul le chanteur est immédiatement identifiable au genre black metal,. Le guitariste chanteur est en bas de survêtement gris, arborant tout de même un tee-shirt Mayhem. Le second guitariste est habillé comme si il allait au Gala Supélec et le bassiste joue en chaussettes (certes noires). Une désinvolture vestimentaire qui sied finalement plutôt bien au black metal joué par Uluun. Les morceaux s'avèrent bien construits, avec une atmosphère poisseuse, une colère lancinante. Une corde de la guitare du deuxième chanteur lâche dès le premier morceau. Le concert continue sans sa guitare. Du coup la puissance des riffs est en retrait dans le mix, au profit de la rythmique. A deux guitares l'ambiance dégagée doit se teinter de plus de mélancolie. Nous arrivons déjà au troisième et dernier morceau. "La Bergerie" est un régal de férocité au double chant écorché. En plein morceau, le chanteur privé de guitare n'hésite pas à aller siroter une boisson gazeuse, assis en bord de scène. Délicieusement déraisonnable. En phase avec la musique. Une belle découverte que nous allons écouter plus avant.

  
Setlist :
  1. Chère Illusion
  2. Désillusion
  3. La Bergerie
Deliverance monte sur scène. Des les premiers accords, les guitares se révèlent puissantes et parfaitement audibles. La rythmique est précise et lourde. Au chant nous retrouvons avec plaisir Pierre Duneau de Memories of a Dead Man (excellent souvenir au Batofar en 2012 ici). Deliverance se présente sur scène avec une apparence vestimentaire sobre. Le jeu de scène l'est tout autant. Un choix visuel qui renforce l'impression de bloc massif que dégage la musique. Les ondes sonores compriment nos corps de manière implacable. Le chant lancinant installe dans notre âme une sourde mélancolie. Entre froideur et violence, la fascination opère. Notre corps oscille au rythme des riffs. Notre âme est à l'écoute. Nous sommes conquis par l'ambiance.
Durant le dernier morceau joué par Deliverance, une jeune femme rousse vient parler à l'oreille de votre serviteur. Le volume sonore empêche de comprendre ce qu'elle dit. Elle glisse dans notre main un objet et s'en va. Nous baissons les yeux. Nous avons reçu un cadeau inattendu. Il s'agit d'un ticket à gratter, celui du jeu proposé à l'entrée de la salle. Le ticket, déjà gratté, est gagnant. Le lot inscrit est le CD de Deliverance, "CHRST". Merci à vous, jeune âme.



Setlist :
  1. Out of the saddening blank
  2. Wilderness
  3. A bone shall not be broken
  4. Hung be the heavens with black
  5. Accross Gehenna
Lors du changement de matériel sur scène entre les deux groupes, un problème technique intervient. Un micro refuse de fonctionner. Le spectacle est retardé d'un peu plus d'une demi-heure.

Zuriaake (葬尸湖 ) entre en scène. L'aspect visuel est très impactant. Tous les musiciens sont entièrement revêtus de noir. Leur visage est caché par un tissu, leur tête est coiffée par un chapeau pointu en paille auquel est accroché un voile transparent. Au son de l'ambiance du morceau instrumental "Afterglow", joué sur bande, les membres de Zuriaake réalisent un lent cérémonial. Ils présentent des lanternes au public. Le chanteur réalise ensuite une pantomine au moyen d'une longue étoffe blanche. Il continuera tout au long du concert sa lente gestuelle, mains tendues, comme si il créait un pont entre deux mondes, celui des esprits et le nôtre, celui d'un passé idéalisé et le présent. Formé en 2001, Zuriaake respecte les codes fondateurs du Black Metal. Le chant est agressif, entre râles de souffrance et cris écorchés. L'atmosphère est sombre. Alternant passages rapides et lents, la musique évoque une douleur languissante. L'utilisation de la langue chinoise apporte des sonorités fort agréables. Des samples de bruits de la nature viennent enrichir les sonorités. Le sentiment général de cruauté, d'inexorable désolation, évoqué par la musique, laisse place par moment au rêve. L'usage parcimonieux de notes de piano, l'apparition d'un chant clair, font régulièrement basculer l'ambiance dépressive dans un monde diaphane. Nous sommes alors transportés dans des espaces célestes. Les mains du chanteur fouillent lentement l'air de la pièce, cherchant à palper l'impalpable, à toucher l'immatériel. A atteindre le sublime. Une bien belle prestation pour ce premier passage en France.

  


Le concert ayant démarré avec un retard certain, votre serviteur doit attraper son dernier transport en commun du soir et c'est à regret que nous avons quittons Zuriaake juste avant le rappel.

Setlist :

  1. Intro : 暮云 Afterglow
  2. 冥江 River Metempsychosis
  3. 孤雁 Gu Yan (The Lorn Goose)
  4. 天庭 Celestial
  5. 妖祭 Ritual
  6. 奕秋 Afterimage of Autumn
  7. 山神 God of Scotch Mist
Encore :
  1. 山川 Mountains (Cover Yngizarm, side-project by Zuriaake)

Les groupes sont à écouter ici :

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